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Ralentir en-vie de rire !

Dans cette époque où il est de mise de devoir réussir, de devoir se réaliser, de devoir se dépasser, de devoir montrer, de devoir courir, de devoir et de devoir encore. Dans cette époque où la fatigue et l’usure glacent nos cœurs et nos âmes, où l’ampleur de la tâche qui nous est demandée est telle que jour après jour la joie en nous s’efface, que jour après jour le doute, le non-sens, la colère, la haine parfois, grandissent et envahissent, nous usent jusqu’à la moelle et érodent nos Vies, si nous faisions le choix de l’élégance du pas ? Ralentir pour ne rien réussir mais pour vivre, pour s’émerveiller, pour regarder ses parents, ses frères, l’inconnu de la rue. Ralentir pour ne pas oublier que nous sommes tous des hommes, que le tapis sur lequel nous marchons trop souvent est un tapis de sang et qu’il ne tient qu’à nous de tisser un tapis de lumière, un tapis de roses, un parterre d’espérance. Ralentir pour retrouver un sens, pour réapprendre à s’émerveiller de nos différences, à apprendre de l’autre, à s’émouvoir ensemble. Ralentir pour voir à nouveau la jonquille au printemps, le frémissement du frêne, l’amande qui nous appelle. Ralentir pour écouter au loin le ruisseau dans les bois, le chant du rossignol, le « je t’aime » de l’aimé. Ralentir encore pour frissonner de tout, pour s’émouvoir de Vous et vivre sans pourquoi. Ralentir enfin pour qu’en ce dernier jour qui fatalement viendra nous laissions à nos proches à nos frères et à cet inconnu, un sourire, un regard apaisé, toute notre humanité. Rien de plus, rien de plus.
Peut-être ainsi partirons-nous heureux…