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La Vie sans pourquoi en-vie de rire !

Denise a 55 ans. Elle se dit chercheuse, chercheuse de sens. Elle ne se souvient plus très bien du jour où elle a commencé à chercher ; cela remonte à tellement loin qu’il lui semble être née au monde non pas dans un cri mais en questionnant ! Cela remonte à tellement loin qu’elle sourit lorsqu’elle se revoit petite, s’interrogeant : « Le rouge est-il vraiment rouge ? Et l’orange ? L’orange pour moi n’est-il pas le rouge de l’autre ? Et le bleu ? Vous le voyez comme moi le bleu ? La terre est-elle vraiment bleue vue de l’espace, ou orange comme une orange ? … qui est peut-être bleue finalement !». Denise sourit. Il y a si longtemps … Depuis, il y a eu Dieu ; à dire vrai il y a toujours eu Dieu. Existe-t-il vraiment ? N’est-il pas le fruit de son éducation ? N’est-il pas un baume lorsque le désespoir vient la cueillir ? Y croit-elle vraiment ? A qui ou à quoi croit-elle exactement ? Est-elle sincère ou se croit-elle sincère ? Où est le lieu de la sincérité ? Et puis d’ailleurs se croire sincère n’est pas être sincère, non ? Qui est-elle exactement ? Qu’est-elle venue faire et être sur cette terre ? Quelle est sa mission ? Y a-t-il vraiment une mission pour chacun ou est-ce là encore une invention des hommes ? Pourquoi la violence, les famines, la souffrance ? Et si Dieu existe, pourquoi le permet-il ? Tiens, encore Dieu ! Où est-il ? Denise cherche Dieu, Denise cherche, Denise se cherche. Elle cherche parce qu’elle croit qu’il faut absolument qu’elle soit quelqu’un. Mais oui ! Ce sont les Hommes qui le disent ! Il faut se RE-A-LI-SER ! Et c’est quoi au juste être quelqu’un ? Comment peut-on savoir quand on est quelqu’un ? Et comment s’y prendre ? Ça coûte cher ? C’est long ? C’est quoi au juste se réaliser ?

Mercredi. Un jour de semaine, banal et incroyablement merveilleux. Denise est là, assise sur son canapé à caresser le chat. Elle lui sourit. Il est beau, majestueux ; c’est quelqu’un lui ! Pourtant, il ne se pose pas de questions et n’a pas une seule seconde l’idée de se réaliser ! IL est, point. Denise regarde par la fenêtre. Le vent s’est un peu levé cet après-midi et le laurier rose exhale ses parfums pour la plus grande joie des feuilles qui dansent et tournoient. Ca sent bon la Vie. C’est comme une rose aux premières heures du jour, ça sent bon. C’est comme le pain qui sort du four, le quartier qui s’éveille, l’enfant qui sourit à la vieille dame, le bruit de la table qu’on dresse, les photos jaunies qu’on regarde en famille. Le parfum du café, l’odeur du croissant chaud, les rires partagés, le feu de cheminée. C’est comme un air de piano qui fait remonter les souvenirs, qui fait naître un sourire. C’est comme le bonjour au voisin, la promenade au bord du lac, le froid au petit matin, la neige sur les sapins. C’est comme un vent d’été, des senteurs de blé, un champ de tournesols, des années d’insouciance. Des jeux dans la paille, les premiers baisers, les premiers émois et les premiers chagrins. C’est comme une odeur de ratatouille, un jardin d’enfants, une goutte de pluie sur la vitre du salon, une rêverie soudaine, la lueur d’une bougie, la plume d’un poète et le chant d’une sirène. Ça sent bon tout ça, ça sent bon la Vie ! C’est comme l’amour et la tendresse … c’est comme l’amour et la tendresse … ça sent bon la Vie.

Denise. Denise c’est pour les autres « madame Personne ». Mais… mais c’est quelqu’un pour son vieux chat, c’est une rose sans pourquoi, une page qui s’emplit d’encre et des histoires qui naissent et dansent. Denise ce n’est personne pour toi pour moi mais c’est la Vie qui tourbillonne. Après tout, tout ce qui vit est sans pourquoi : Le chat, la rose, la feuille ; le vent, la pluie, tout ce qui naît qui disparaît. Denise sourit, Denise s’en va. Denise personne, Denise la Grande ! Denise quelqu’un.

Dans le murmure du vent qui vient la Vie qui chante est sans pourquoi.

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