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Je veux que .. en-vie de rire !

Je veux que chaque pas soit un pas de vie, que chaque regard posé sur le monde soit un souffle de vie, que chaque battement d’ailes d’oiseaux me traverse et m’inonde , me touche de la grâce de l’instant présent, que l’eau de la rivière ne soit ni plus ni moins que l’eau de la rivière, que l’orage qui gronde m’apporte l’humilité dans la conscience de ma petitesse, que je sache prendre la main à celui qui me tend la sienne, sans peur et sans crainte. Je veux que cette flamme qui danse parfois en moi ne s’éteigne jamais, que l’herbe soit toujours verte, que la brise la berce. Je veux sentir les blés, et le miel, et l’ivresse de ces instants magiques les grands soirs d’été. Je veux que cette enfant qui en moi trépigne d’impatience puisse courir, s’amuser sans peur de tomber et de s’égratigner. Je veux que le lièvre remporte la course et  que la tortue sorte vainqueur aussi. Je veux que le chêne tout comme le roseau, plie mais ne rompt pas. Je veux goûter la paix tous les jours chaque minute chaque seconde. Je veux lire et chanter, je veux m’émerveiller. A chaque instant qui passe je voudrais être heureuse,  savourer chaque seconde,  m’agenouiller face au monde, être reconnaissante. Mais du haut de mon humanité je ne peux rien de plus que faire de mon mieux pour cueillir ces instants où je suis traversée par un vol d’oiseaux, un chant de papillon, un torrent, une odeur, un sourire. Ô je n’y arrive pas toujours certes - il y a tant d’instants où je ne suis pas là - mais ces petits moments d’une  incroyable densité me font tant aimer la Vie, que je veux bien attendre que le printemps revienne, que la lavande fleurisse et que l'hiver veuille bien mourir. C’est peut-être ça l’humanité : Traverser les saisons, l'hiver comme l’été, les vols d’hirondelles comme les pluies battantes au plein cœur de la plaine. Non pas abdiquer mais traverser en conscience en faisant de son mieux.

L’oiseau est là ce matin, je ne vais pas rater son vol ..