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Happytaphe  en-vie de rire !

Happytaphe : Faire de son mieux 

Lettre retrouvée un soir de pluie sur une route de campagne en 1948 ...

Si l’on pouvait plonger dans les méandres de chacun, nous pourrions y trouver des beautés insoupçonnées mais aussi des coffres chargés de blessures, de non-dits, de culpabilité. Et pourtant…si nous portions en nous cette conscience que nous faisons de notre mieux, à chaque instant, même dans nos débordements, nos maladresses, notre maltraitance parfois, notre colère si souvent étouffée qu'en violence elle se mue, nous pourrions peut-être ainsi vivre de tendresse.

J’ai grandi dans une famille « banale » pourrait-on dire. Un père commerçant, une mère au foyer élevant de son mieux ses 3 enfants. Je fus la seule fille, deuxième de naissance. Mon père voyait dans le travail la sécurité du foyer, la pérennité du lien, la reconnaissance de Soi, le salut de notre âme. Il ne voyait pas que par là-même, il s’éloignait à petits pas du foyer, du lien, de la tendresse de soi et de la légèreté de l’âme. Et pourtant, Il faisait de son mieux. Ma mère soumise et aimante avait épousé non seulement un mari mais aussi ses idées. Elle se perdait dans le bonheur illusoire du matérialisme : Belle maison, voiture dernier cri, grand jardin, garde-robe outrancière ... Elle faisait de son mieux. Mes frères brillants et à l’image de notre père faisaient sa fierté. De grandes études les amèneraient plus tard à occuper de hautes fonctions ... Ils feraient et faisaient de leur mieux. Quant à moi, non pas que je fus malheureuse, je n’avais pour héritage que celui d’être femme. La tâche était ardue. Il me faudrait cravacher davantage pour trouver ma place et dans le système familial et au sein même de la société.
Je n’ai jamais cédé à l’idée de m’adapter en épousant une fonction, un métier, en empruntant des routes qui n’étaient pas les miennes. Ô bien-sûr je ne fus pas toujours très sage sur ces routes de passage ; j’ai bravé des interdits, j’ai fréquenté des gens infréquentables, j’ai échoué bien souvent et n’ai vraiment jamais été reconnue. Je suis une inclassable. Mais malgré ces routes tortueuses parsemées d’embûches et de déceptions, j’ai aussi été de nombreuses fois victorieuse. La victoire qui fut la mienne est celle de n’avoir jamais abandonné.  Je n'ai jamais abandonné l’appel de l’indicible étoile, celui de l’amour et de la Vie, de l’amour et de l’intensité, de l’amour et de la gratitude, de l’amour enfin et de la joie. Je me suis élevée en Amour dans cette Vie et j’en suis fière. Et bien que petite en ce monde car je n’y ai rien changé, je pars la tête haute et le cœur rempli d’avoir fait ma part.

Alors mes amis, en ce jour de clair-obscur où je m’apprête à rejoindre ceux qui m’ont précédée, j’aimerais que sur ma tombe il n’y ait pas d’épitaphe mais une happytaphe sur laquelle seraient écrits ces quelques mots : « Elle a fait de mon mieux ». Car nous tous, petits et grands jeunes ou vieillards, dans nos tourmentes et nos erreurs, dans nos errances et dans nos peurs comme dans nos joies et nos moments de grâce - ô croyez-moi mes amis ! - tous et à chaque instant nous faisons de notre mieux.

 Et toi qui me lis ce soir à la lumière d’une chandelle ou à l’abri de tout regard, toi qui me lis ce soir, n’oublie jamais que toi aussi tu as fait et tu fais de ton mieux…

Marta, une vieille dame qui s’apprête à partir.

 

Le clown c’est aussi apprendre à faire de son mieux. C’est échouer et se relever, c’est cueillir les étoiles la tête dans les nuages et les pieds dans des champs de fraises. C’est agripper le jour quand la nuit tombe, c’est rire de ses erreurs et célébrer ses failles, c’est dîner à la table des vivants, ceux qui font de leur mieux dans leur chute comme dans leur victoire. C’est suivre l’indicible étoile et ne jamais abandonner, c’est écrire sur la dernière page du grand film de sa Vie : J’ai fait de mon mieux.

Les premiers pas : L'effleurement de l'Etre

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