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Et l'épine et la rose en-vie de rire !

Et l’épine et la rose…

On t’dit que l’paradis existe et qu’il ne s’y trouve pas de place pour les méchants.  
Que tu dois êt’gentille, aimable, Impeccable tout l’temps.
 On t’dit qu’faut bien te t’nir, que tu dois êtr parfaite si tu veux qu’tes parents,
y t’aiment et y soient fiers que tu sois déjà grande alors que t’as 10 ans.

Et l’épine et la rose

On t’dit qu’il faut pas faire de fautes, qu'si tu fais des erreurs t'es qu'une bonne à rien.
 On t’dit que réussir c’est faire des études, c’est dev’nir avocate architecte ou médecin.
Que la Vie d’une artiste est un ch’min d’saltimbanque pas vraiment un métier,
 rien d’bien vraiment sérieux, pas de quoi s’pavaner.
 On te dit que rêver que rien faire contempler, c’est êtr’ une fainéante.
Que sourire aux étoiles et parler aux nuages c’est bon pour les enfants.
Qu’écrire d’la poésie, se réjouir d’êtr’ en Vie et bien aimer les gens,
c’est pas vraiment réel que le monde est cruel et qu’il faut se méfier,
Que l’enfer c’est les autr’ et que nous sommes en guerre contre l’humanité.

Et l’épine et la rose

On t’dit qu’tu dois pas être grosse si tu veux être belle si tu veux être aimée.
On t’montre les « jolies » femmes, des grandes des blondes des minces, de vraies jolies poupées.
On t’fait croire que l’amour c’est que pour les princesses, ces grandes ces blondes ces minces, celles de la télé.
 Alors tu plonges tu pleures, tu t’oublies,
 t’arrête de manger.
T’es pas blonde t’es pas grande, tu n’s’ras jamais poupée.

Et l’épine et la rose

On t’dit qu’il ne faut pas montrer tes failles tes tremblements ta sensibilité.
Que la fragilité est le signe des faibles et des perdantes.
Qu’il te faut être forte, que t’as pas l’droit d’tomber, d’ressentir d’la tristesse, d’la colère et surtout pas l’montrer.
On t’fait croire que l’amour est donné aux plus fortes, à celles qui le méritent, qui ne faiblissent jamais.
Qui savent être drôles, être droites,
Courageuses tout l’temps,
Et qui montrent sans cesse leur vaillance leur droiture, combattantes combattantes !

Et l’épine et la rose.

Alors tu fais comme on a dit, enfin tu fais semblant, pour rentrer dans le moule, pour êtr’aimée des gens.
Tu oublies que l’épine appartient à la rose, que les nuages de pluie qui s’annoncent au loin, abreuveront bientôt les fruits et les légumes de ton joli jardin.
 Tu oublies que le vent fait danser le tilleul, que la nuit est un ballet d’étoiles, que sourire et pleurer sont des messages de l’âme.

Et l’épine et la rose

Mais t’as l’droit. T’as l’droit de n’pas vouloir, t’as l’droit de n’ pas savoir, de sombrer de crier.
 T’as l’droit de faire des fautes, de jouer comme une enfant dans la p’tite cour des « Grands ».
 T’as l’droit même si tu veux de sauter dans les flaques, d’raconter des histoires sur la place du village.
 T’as l’droit d’êtr’ différente, de rien comprendre des choses, d’êtr’ juste là bien vivante.
 T’as le droit de vouloir peindre la Vie en grand, de croire aux contes de fées et d’aimer les sorcières les nains et les méchants.
T’as le droit d’êtr’une femme, d’êtr’heureuse et d’aimer qui tu veux.
T’as le droit d’être grosse, d’être maigre, d’être toi.
Et t’as le droit de vivre, imparfaite et heureuse,
Etre à la fois l’épine et à la fois la rose,
Entre soleil de feu et lune argentée.

Et l’épine et la rose

On t’dit que l’paradis existe et qu’il n’est pas de place pour le sombre et le gris ?
 Comme il doit être vide ce paradis sans Vie, sans ombre ni lumière, sans joie et sans folie.

Fanchon, une enfant des étoiles

 "Deviens qui tu es" Nietzsche

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