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Au-revoir en-vie de rire !

A vous qui avez croisé ma route,

 C’est assise à une petite table en bois, face aux arbres et sous un ciel et un soleil radieux que je vous écris. La plume n’est pas facile ce matin ; il est des mots que j’aimerais retenir. Pourtant l’époque à laquelle je vous écris invite au renouveau et à l’émerveillement, invite à ralentir et à prendre le temps de la feuille du bourgeon, pour que la fleur bientôt éclose. Nous connaissons trop les dévastes de l’agriculture intensive alors, n’oublions pas que nous ne sommes pas dissociables de ce Tout et que nous aussi nous sommes terre graine feuille et bourgeon et que nous aussi nous sommes fleur en devenir. Nous avons besoin de vent de pluie, mais aussi de soleil d’ombre et de lumière. Tout est parfaitement orchestré si nous daignons attendre.

Patience … et même si nos hivers nous semblent bien moroses, si l’automne est humide et le ciel bas et sombre, ils nous sont essentiels pour préparer nos terres à ce qui vient et que seul le frissonnement de la feuille nous fait pressentir. Laissons le frisson nous parcourir, acceptons nos moments de jachère et laissons advenir.

Le Conservatoire des Arts de l’Etre ferme ici ses portes. Déjà les derniers stages pointent à l’horizon. « De la peur à la confiance » marquera le point final ou plutôt les points de suspension. Ironie que celle de clôturer par ce dernier. Ironie encore que celle de la peur qui me dit « va, va, va ». Comme Madame La Source doit s’amuser de ce tour de passe-passe et comme Fanchon me sourit !  

Je reviendrai vers vous au détour de ce Petit Journal des Riens, de temps à autres, pour un clin d’œil ou pour vous annoncer qu’ici la graine a pris et que là elle reste inanimée. La Vie est belle car elle est mouvements.

Tiens, le vent se lève. Il est temps pour moi de fermer la porte et de rentrer en ma demeure.

Je ne vous dis pas « adieu » mais « au-revoir amazones rebelles ou bien sages ». Que les vents de la Vie vous portent et vous honorent…